Église Saint Martin

La nef  basse et le clocher paraissent du XIIIe S. Aux XVIe S., un collatéral relié fut rajouté de part et d’autre du clocher et la façade occidentale fut aménagée avec ses deux pignons correspondants aux deux nefs.
En face du parvis, on trouve une tour hexagonale dite « Tour de Garde » où l’on accueillait les indigents. En continuant dans la rue, sur la gauche, on rencontre deux portes cavalières appartenant à un ensemble de bâtiments qui formait le relais de poste et était tenu par des religieuses.

Classée en 1907 au titre des Monuments Historiques pour ses parois décorées de peintures murales du XIIe S. Les peintures murales et les fresques se situent dans la partie la plus ancienne de l’église. C’est un des plus beaux ensembles pratiquement complet de peintures médiévales de la Touraine.

Cette église romane, agrandie par une double nef au XIIIe et au XVe S., a été entièrement remaniée à la fin du XIXe S. par l’abbé Brisacier (1831-1923). Natif de Lignières, prêtre et artiste,  fut l’architecte de la réfection de l’édifice (1874-1877). Son travail sur les fresques serait postérieur et daterait de son ministère dans la paroisse (1883-1907).
Les fresques romanes ont été réalisées durant la seconde moitié du XIIe S. et ont connu une reprise au XIIIe S., puis au XIVe S. Elles ont ensuite été occultées partiellement dégagées et entièrement repeintes.
La mise à jour effectuée d’octobre 2008 à mai 2009 par Madame Reille-Taillefer a permis de leur redonner tout leur éclat originel, sous la direction de Monsieur Arnaud St Jouan ACMH et de la Conservation Régionale des Monuments Historiques du Centre.

L’église du prieuré-cure de Lignières -cité dans une chartre de 1162- se compose de trois parties successivement élevées pour son agrandissement :

  • L’abside voûtée en cul-de-four,
  • Le chœur voûté en berceau,
  • La nef principale haute et la base du clocher appartiennent à la seconde moitié du XIIe S.

Occupant la totalité de la voûte et du cul-de-four, un Christ en gloire a été  mis au jour entouré par des animaux symboles de quatre évangélistes et de quatre anges (Tétramorphes):
Le terme tétramorphe désigne dans les textes bibliques quatre êtres vivants ailés, dont chacun a, pour:

  • Ezéchiel (1,4-11), quatre faces, d’homme par devant, de lion à droite, de bœuf à gauche et d’aigle par derrière,
  • ou pour Saint Jean (Apoc., 4,7-8), une seule face de lion, de taureau d’homme
  • ou d’aigle.

Au IIe S. saint Irénée fait le premier le lien entre ces créatures et les évangiles, soulignant comment le lion exprime l’idée de la royauté, le bœuf celle du sacrifice, l’homme celle de l‘incarnation et l’aigle celle de l’Esprit qui soutient l’Église.
Suivent trois scènes historiées :

  • La Genèse depuis la création d’Adam et Eve jusqu’au moment où ils sont chassés du paradis (le péché originel)
  • La parabole du pauvre Lazar et du mauvais riche du XIVe S.
  • Le baptême du Christ puis les trois tentations au désert

Le registre supérieur du rein nord de la voûte illustre, en cinq scènes séparés par des arbres, des chapitres de la Genèse, à lire de droite à gauche :
La création            L’admonition               L’expulsion
La tentation            La réprobation
La Tentation
Au registre inférieur du rein nord est représenté par la parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare (Luc 16, 19-31), à lire de droite à gauche:
Le festin du mauvais riche          Lazare à sa porte                 Lazare dans le sein d’Abraham
La mort de Lazare                     La mort du mauvais riche
La mort du mauvais riche
Le dernier groupe de scènes, au rein sud de la voûte, représente le baptême et les tentations du Christ, à lire de gauche à droite:
Le baptême du Christ                              La tentation de la fin dans le désert
La tentation du pinacle du temps              La tentation au sommet de la montagne
La Tentation de la fin dans le desert
La fresque qui se trouvait en bas à droite a disparu depuis plusieurs siècles, effacée sans doute par des infiltrations d’eau.
Sous l’arc triomphal, entre la nef et le chœur, figure le calendrier des travaux des mois de l’année à lire de droite à gauche:

  • Février (FEBRVARIVS) : un vieil homme assis sur un curieux fauteuil, chauffant devant la cheminée, séchant au feu son pied et sa main gauche.
  • Mars (MARTIVS) : un homme barbu taillant la vigne.
  • Avril (APRILIS) : une jeune fille brandissant des rameaux.
  • Mai (MAIVS) : un cavalier partant chassé au faucon.
  • Juin (JVNIVS) : un homme coupant le foin à la faux.
  • Juillet (JVLIVS) : un homme moissonnant à la serpe.
  • Août (AVGVSTVS) : un homme battant le blé au fléau.
  • Septembre (SEPTEMBER) : un homme foulant le raisin aux pieds dans une cuve.
  • Octobre (OCTOBER) : une femme cueillant des pommes.
  • Novembre (NOVEMBER) : un homme visant de son arc un sanglier.

Les mois de décembre et janvier ont été détruits lors de la restauration de l’église en 1876 pour faire place à des colonnes à chapiteau corinthiens. Les mois de février à juillet sont du XIIe S., ainsi qu’une partie du mois d’août. Les mois de septembre à novembre datent du XIXe S.

Ces remarquables peintures offrent un regard sur les rapports entre l’homme, l’univers et le sacré emplis de symboles et de codes que nous vous invitons à découvrir.

OUVERTURE :

Octobre à Mars : 8h-18h
Avril à Septembre : 8h-19h

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